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“It is good people who make good places.”— Anna Sewell.

Photo by Seth Doyle on Unsplash

This is just a quick introduction to what I will be up to over here. So, let’s start with “good people in good places”.

Without delving into the plurality of definition one could have for “place”, let’s inspire ourselves from Gregory et al. (2009) Dictionary of Human Geography and say that a place is “a geographic locale of any size or configuration comparable to equally generic meanings of area, region or location” (Gregory et al, 2009:539). This means that instead of saying place, one can also use the vocable area, region, or location, to identify a portion of territory of some size.

“People” refers here to, “human beings making up a group or assembly or linked by a common interest” (Merriam Webster).

Now talking about what this introduction intends by “good”, it is better to recommend an article written about the ontological and the ethical meaning of good in a Catholic encyclopedia. In fact, the article first highlights the difficulties lying into defining such a word. It defines good as something that is desirable, because of its purpose, or simply because of the perfections it nicely portrays. I would like to add to this perception of “good”, the need for the preservation of human dignity in all circumstances.

Photo by McKenna Phillips on Unsplash

That being said, “good people” as human beings fully endowed with “worth, value and distinction” (Daniel Groody “Globalization, Spirituality and Justice”) ought to live in “places” which do not affect their dignity, but rather add to the latter, preserve it, promote it, share it with the surrounding environment.

My initiative here is therefore to write about these good people that you and I are, for the good places that you and I share, “Sister Mother Earth” as a whole.

I don’t intend to be fully knowledgeable about these topics, which countless scholars much more erudite than I have extensively debated and are still debating. I will attempt to stay true to these ideas I have briefly mentioned on this blog and will gladly accept any remarks or comments you might have, with the smallest contribution I hope to make.

In a world where so many plagues are affecting all of us, it is positive, I believe to keep reminding ourselves what is at stake, and what matters most.

Photo by Maksim Shutov on Unsplash

“All knowledge is sterile, which does not lead to action and end in charity” Desire-Joseph Mercier.

Peur, stress, et détresse au Benin ou comment la pandémie et les changements climatiques justifient l’apologie de la santé mentale.

Photo by Tim Mossholder on Unsplash

“Quand la musique change, la danse aussi”.
Proverbe Africain

NB: Find an english version of this article following this LSE link. Thanks!
Trouvez la version anglaise de cet article en suivant ce lien. Merci!

A l’heure où l’impact du COVID-19 et des changements climatiques sur la santé mentale est de plus en plus reconnus dans le monde entier, il est surprenant d’observer un manque de conversations sur la santé mentale au Bénin – un pays appliquant des mesures nationales d’atténuation de la pandémie et connaissant un environnement naturel en transformation. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a critiqué le manque de centres psychiatriques dans le pays. Des organisations comme Elle-Fille-Femmes de même que le gouvernement ont offert quelques opportunités de discussion des dispositions en matière de santé mentale. On estime toutefois qu’il y a à peine 13 psychiatres et 6 psychologues hautement qualifiés [soutenus par un nombre important de tradithérapeutes et de chefs religieux] pour fournir un accompagnement psychologique/psychiatrique à près de 12 millions de personnes.

Le débat autour de la fourniture de services de santé mentaux a été souvent initié par les psychiatres et autres spécialistes du domaine, mais aussi sous les hospices d’organisations non gouvernementales, avec ou sans affiliations religieuses. Selon plusieurs spécialistes, la stigmatisation des problèmes de santé mentale empêche le sujet de recevoir l’attention adéquate.

Pendant de nombreuses années, le CNHU (Centre National Hospitalier Universitaire) a été le principal prestataire de services de santé mentale institutionnalisés du pays. Aujourd’hui, trois centres publics offrent des services de santé mentale à la population : deux à Cotonou (Sud : CNHU-Hubert K. Maga et CNHU-Psychiatrique de Cotonou) et un à Parakou (Nord du Bénin : Centre Hospitalier Universitaire Départemental du Borgou CHUD/B). Ces institutions sont soutenues par divers prestataires privés tels que des cliniques, des institutions religieuses, des ONG et des tradipraticiens. La majorité de ces prestataires ont une présence plus forte dans les zones urbaines.

L’impact de la pandémie (COVID-19)

COVID-19 a eu de graves répercussions sur la santé mentale en raison de l’isolement et du fardeau économique que représentent le confinement et les autres stratégies d’atténuation. Malgré la divergence de ses effets en fonction des aires géographiques affectées, la pandémie a eu un impact socioéconomique direct et indirect indéniable, et même parfois paradoxal en République du Benin. Les mesures de confinement de la pandémie ont réduit de 53 % en moyenne les activités du marché local. Les mouvements transfrontaliers, y compris le commerce dans la CEDEAO ainsi que le chiffre d’affaires des micro, petites et moyennes entreprises/industries ont également été négativement affectées. De plus, un rapport du PNUD a démontré que la pandémie du Coronavirus a causé une perte de revenus pour de nombreuses familles. Cela rend de ce fait difficile la satisfaction de leurs besoins usuels (logement, alimentation, éducation et factures). Alors que certaines institutions ont félicité le Bénin pour ses prouesses économiques par rapport à d’autres pays africains, de nombreux Béninois ont réclamé plus d’actions pour améliorer la vie sociale au-delà des chiffres.

Changement climatique, chenilles légionnaires, sécurité alimentaire

En juin 2021, les Béninois ont assisté a une montée vertigineuse des prix des denrées alimentaires de base. Le gouvernement Béninois a blâmé le manque de pluie. En revanche, le Professeur Michel Boko a axé le débat sur une meilleure planification de l’alimentation, arguant qu’un manque de précipitations en 2021 ne pouvait justifier une hausse des prix en juin. Il a déclaré que la création de banques alimentaires comme l’Office National de Sécurité Alimentaire (ONASA) aiderait à gérer des situations similaires comme il l’a fait dans le passé. L’ONASA a été démantelé en 2016 par le gouvernement de Patrice Talon, pour des questions de mauvaise gestion. La population s’est plainte de cette flambée et a demandé l’autorisation de protester dans une commune ; autorisation qui n’aura pas été accordée.

De plus, plusieurs exploitations agricoles ont été victimes de l’appétit légendaire des chenilles légionnaires.

Les agriculteurs touchés par les changements climatiques sont confrontés à des saisons des pluies irrégulières, des pluies courtes et abondantes avec des “poches” de sécheresse inattendues. La combinaison de ces deux facteurs ne permet pas aux agriculteurs d’avoir suffisamment d’eau quand ils en ont besoin, ou alors ils se retrouvent avec un excès d’eau pendant une courte période. Les défis associés aux changements des régimes climatiques, ainsi que le manque de planification alimentaire et les pertes de récoltes, créent les conditions parfaites pour le désespoir, le stress, l’anxiété chez de nombreux Béninois.

Photo by Stormseeker on Unsplash

Parler de la santé mentale

En dépit des impacts socio-économiques de la pandémie couplés aux changements climatiques, une conversation sur les effets mentaux, psychologiques et psychiatriques est à peine perçue. Implicitement, l’environnement social, la famille, les amis, les chefs religieux et, dans une certaine mesure, les spécialistes de la santé mentale jouent un rôle important en offrant d’une façon ou d’une autre un certain soutien psychologique, mais l’ampleur des défis signifie que ces efforts demeurent insuffisants.

Il est nécessaire de recentrer la stratégie Béninoise en matière de santé mentale, en intégrant le soutien psychologique dans les soins de santé primaires et en encourageant les conversations qui favorisent cette approche, en particulier pour ceux qui ne montrent pas de signes extérieurs de besoin et n’ont pas la force de se tourner vers un ami, un membre de leur famille ou la structure sociale environnante. De nombreuses personnes restent méfiantes à l’égard des spécialistes de la santé mentale. Le système doit être repensé et offrir un soutien qui va au-delà du placement des sans-abris et des handicapés mentaux dans des centres psychiatriques. Il est essentiel d’élargir le soutien, l’accès et les ressources en matière de santé mentale et de soutenir le processus de déstigmatisation, en offrant une formation rapide et accessible aux personnes ordinaires qui peuvent soutenir directement leur réseau social. Comme les effets de la pandémie se poursuivent et que l’urgence climatique retient davantage l’attention, il serait bénéfique de penser à prévenir les maux qui pourraient surprendre, parce qu’après tout, il vaut mieux prévenir que de guérir.

“Un enfant qui n’est pas embrassé par le village, le brûlera pour en sentir la chaleur”.
Proverbe Africain.

Pornographie et trafic humain: la vérité qui dérange.

Photo by Tingey Injury Law Firm on Unsplash

“Tant que les lions n’auront pas leur propres historiens, l’histoire glorifiera les chasseurs”. Proverbe Africain

NB 1 : Je ne suis pas l’auteur de l’article que vous allez lire. En réalité, cet article n’est qu’une retranscription d’une vidéo YouTube (The Horrifying Truth about the Porn Industry) que j’ai trouvée importante. La vidéo originale est en anglais, mais son contenu aborde un thème qu’il est souvent difficile d’évoquer. Vu que les problèmes humains ne sont pas circonscrits par la barrière linguistique quelle qu’elle soit, permettez alors que je partage ici le contenu de cette vidéo qui parle de l’« industrie de la production de films à caractère pornographique », puisque c’est de cela qu’il est question.

Pour faciliter la lecture, le contenu de la vidéo est en Italique. Les phrases en gras (surtout dans la version anglaise plus bas) sont des aspects qui semblent être d’une certaine importance. En ce qui concerne tout ce qui est écrit en caractère normal, ce ne sont que mes lignes et commentaires personnels. J’ai aussi pris la liberté d’ajouter des liens pouvant fournir de plus amples informations par endroit.

Je souhaiterais donner toutefois quelques informations concernant le trafic d’êtres humains au prime abord. Elle (la traite des personnes) est définie comme « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes (Article 3, paragraphe a) ».

Dans le monde, on estime que l’ « ’âge moyen d’une victime de la traite est de 26 ans (…) et la moitié des personnes identifiées ont entre 18 et 34 ans. La moyenne d’âge des victimes identifiées en 2015-2016 était de 29 ans ; les victimes de sexe masculin sont en moyenne plus âgées que celles de sexe féminin. Au moins 16 % des victimes identifiées au cours de la même période étaient des enfants. En moyenne, une victime de la traite est exploitée pendant environ deux ans ; l’âge moyen au moment de devenir une victime de la traite est donc inférieur à 26 ans. (…) Les victimes identifiées dans le secteur minier et la construction sont presque exclusivement des hommes, tandis que les victimes identifiées dans des secteurs tels que la prostitution et l’hôtellerie sont principalement des femmes. » En terme de profit, le trafic d’êtres humains génère jusqu’à 32 milliards de dollars chaque année et souvent en toute impunité.

Ces informations sont d’ordre général. Le cas présenté dans cet article est essentiellement orienté vers le commerce du sexe. Je mettrai quelques liens à la fin de cet article.  

NB 2 : Cet article est retranscrit à partir d’une vidéo qui a pour contexte l’environnement social Américain, voire Occidental en général, mais à forte implication Africaine. Les femmes et les filles victimes de trafiquants sont aussi bien Africaines, Américaines (Amérique du Sud), Asiatiques, qu’Occidentales (surtout d’Europe de l’Est). La vidéo, ou, l’article ne peut donc être fermé sur des réalités qui pourraient prétendues extérieures. Ces réalités peuvent aussi être les nôtres (Africaines).

« On finit de grandir, mais on ne finit pas d’apprendre », dit-on.

Bonne lecture et partagez autour de vous !

Photo by Leon Seibert on Unsplash

Version française

“Avant que vous ne commenciez cette vidéo, je tiens à vous avertir qu’il n’y a rien de  trompeur ou d’appâtant dans son titre ou de drôle dans son contenu. Ce que vous allez regarder aborde un sujet très sérieux qui peut ne pas convenir à tous les spectateurs. Il n’y aura pas d’images graphiques, mais le contenu de cette réflexion peut être inadapté aux enfants ou déclencher des réactions ou des émotions chez ceux ou celles qui ont été victimes d’abus.

Comme beaucoup de gens à l’ère de l’Internet, j’avais une approche assez libre de laissez-faire face à la pornographie. Son contenu, bien sûr clairement obscène, était pour moi quelque chose que les gens devraient probablement éviter. Mais sur quelles bases pouvait-on s’appuyer pour l’interdire ou le censurer ? Si un adulte veut regarder des adultes consentants se livrer à des actes sexuels entre eux, cela peut paraître bizarre. C’est peut-être contraire à nos valeurs chrétiennes, mais ce n’est pas criminel. C’est juste de la liberté d’expression obscène. En fin de compte, personne ne sera blessé en regardant des obscénités dans l’intimité de son propre foyer.

C’est du moins ce que je pensais.

Plus on étudie la pornographie et ses effets, plus les gens se rendent compte que cela ne pourrait pas être plus éloigné de la vérité. Cette industrie porte atteinte à / et affecte énormément de personnes.

Cela commence par les effets psychologiques sur le spectateur. Tout le monde sait que la pornographie présente un monde imaginaire. Ils créent des scènes qui sont loin de la façon dont les choses fonctionnent réellement. Cela déforme considérablement l’approche de la sexualité et des relations avec les autres. Dans une étude, il a été passé en revue certaines des vidéos pornographiques les plus populaires. 88 % d’entre elles contenaient des scènes de violence à l’égard des femmes. Pire encore, dans 95 % d’entre elles, les femmes réagissaient de manière neutre ou positive ; ce qui liait subtilement l’excitation et la violence dans l’esprit du spectateur. C’est un problème qui cause des préjudices. Comme vous pouvez l’imaginer, cela crée un problème majeur pour les hommes qui essaient de trouver des relations amoureuses et durables avec les femmes, car leur vision des femmes est largement déformée.

Mais c’est aussi la cause d’une souffrance énorme chez les femmes. Plus les femmes sont considérées comme des objets de désir sexuel plutôt que comme de véritables êtres humains, plus elles sont (seront) obligées de répondre à des attentes fantasmatiques, avilissantes ou illusoires. Les mariages sont détruits et, bien plus grave, des agressions sexuelles sont commises.

Le groupe de travail du Minnesota sur le trafic d’êtres humains a trouvé quarante-six (46) études publiées qui suggèrent qu’une exposition prolongée à la pornographie laisse une personne plus à risque de commettre un délit sexuel, cherchant parfois à recourir à la prostitution pour le faire. Dans une autre étude, 80 % des survivants de la prostitution disent que les clients leur ont montré du contenu pornographique pour illustrer ce qu’ils voulaient.

Si la pornographie, en tant que facteur unique, n’incite pas les gens à devenir plus violents ou à chercher à se prostituer, elle est certainement un catalyseur chez certains. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Vous vous dites que ce n’est pas parce que certaines personnes ne sont pas assez mûres pour assimiler ce qu’elles regardent que le contenu lui-même doit être interdit. Quelle est la phrase souvent citée de Mark Twain ? « La censure consiste à dire à un homme qu’il ne peut pas manger un steak juste parce qu’un bébé ne peut pas le mâcher ». Indépendamment de la façon dont les gens peuvent en abuser eux-mêmes, la pornographie n’est rien d’autre que des acteurs jouant un rôle librement consenti. Ils sont libres de choisir ce qu’ils veulent faire et il est clair qu’ils aiment ce qu’ils font. N’est-ce pas ?

Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas.

Cherchez les témoignages de personnes qui sont entrées et sorties librement du métier et vous trouverez toujours le même genre de déclarations. « C’était souvent douloureux ». « On me mettait la pression pour faire des choses que je ne me sentais pas à l’aise de faire ». « Je me suis souvent sentie dégradée ou maltraitée ». « C’est mon viol que vous avez vu sur cette vidéo ».

Même pour les femmes qui choisissent librement d’opter pour cette ligne de travail, qui s’inscrivent pour être filmées en train de faire l’amour, l’expérience n’est pas toujours agréable. Certains tournages peuvent être glamour, d’autres même romantiques. Mais pour obtenir ces tournages, il faut d’abord se soumettre à d’autres qui sont très abusifs. En fin de compte, très peu obtiennent ces beaux rôles. La plupart des autres sont humiliées, avilies en direct.

Mais elles ont choisi cela, n’est-ce pas ? Et elles peuvent choisir de partir. Personne ne les y oblige. Et en plus de cela, elles sont payées pour le faire, n’est-ce pas ?

Pas toujours.

L’une des plus grandes chimère de l’industrie pornographique est que toute personne apparaissant devant une caméra est un adulte librement consentant qui choisit d’y être. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Et vraiment là où les choses deviennent horribles, les histoires abondent de femmes qui ont commencé à faire de la pornographie non pas à cause d’un libre choix qu’elles ont fait, mais par contrainte, par fraude ou par coercition. Certaines sont filmées à leur insu ou contre leur gré. Leur image étant exposée sur Internet sans aucun consentement ni rémunération. Dans de nombreux cas, les femmes qui répondent à des appels pour des emplois de mannequin sont secrètement droguées pendant le tournage et sont violées devant la caméra. Si un producteur aime la femme et veut en obtenir davantage, il peut conserver la vidéo, en la menaçant de chantage pour obtenir plus de scènes. Si le modèle est un immigrant, surtout si elle n’a pas de papiers d’identité, ses papiers peuvent être confisqués ou la citoyenneté peut lui être promise afin qu’elle puisse continuer à travailler.

Dans de nombreux cas, les femmes qui apparaissent dans les films pornographiques ne sont pas des actrices librement consentantes. Ce sont des prostituées forcées par leurs proxénètes à accomplir des actes sexuels devant la caméra, ce qui leur rapporte deux (2) fois plus. Étant donné que c’est illégal et secret, il est impossible de savoir à quelle fréquence cela se produit. Mais une étude a montré qu’environ un tiers des victimes de la prostitution dans une maison ou un établissement de réadaptation avait été utilisé pour la production de matériel pornographique. Un tiers des victimes de prostitution dans une maison de réadaptation avaient été utilisées dans la production de matériel pornographique*. Et voilà le problème.

Elles ont toutes la même apparence que n’importe quel autre acteur librement consentant, n’est-ce pas ? Elles font bonne figure, rient et sourient dans la vidéo, non pas parce qu’elles veulent être là, mais parce qu’on les y oblige et qu’elles savent qu’elles seront punies si elles ne sont pas performantes. Vue de l’extérieur, en regardant simplement en surface, cela ressemble à un consentement. En réalité, ce n’est qu’un mensonge et un piège. Les femmes ne sont pas entièrement libres de dire non, elles peuvent consentir par peur. Réfléchissez donc lorsqu’on vous dit que 88 % de ces vidéos comportent de la violence; c’est une chose de penser qu’elles ne sont que des actrices dans leur rôle.

Mais le fait est que beaucoup ne veulent pas être là. Beaucoup ne font pas semblant d’être maltraités, mais se font en fait violer devant la caméra. Elles le font pendant que des millions de personnes regardent et il n’y a aucun moyen de savoir ce qui est réel ou prétendu. Et parce que des millions de personnes regardent ce genre de choses, produisant des milliards de dollars de revenus sans aucun frais généraux, il est devenu très clair au cours de ces dernières années que la pornographie est bien plus qu’un acte privé ou personnel qui ne fait de mal à personne.

La pornographie encourage le trafic d’êtres humains. Pensez-y.

Si la pornographie rend une personne plus susceptible de commettre des infractions sexuelles et de chercher à se prostituer, alors il y a un avantage inhérent à ce que les trafiquants d’êtres humains jouent un rôle dans ces deux industries, en stimulant la demande par l’augmentation de l’offre. Et chaque fois qu’il y a une demande de jeunes femmes adultes victimes du trafic, alors tenez-vous bien, la demande d’enfants victimes de la traite des êtres humains ne tardera pas à suivre. En 2013, la pornographie adolescente a été recherchée environ 500 000 fois sur Google, de façon journalière.

Cela représente 182 millions de recherches par an pour ce qui constitue très certainement des images pornographiques de filles mineures. Et ce, il y a sept (7) ans. Comprenez donc que le nombre est sûrement plus élevé aujourd’hui, et il est encore plus impossible/difficile de déterminer si une vidéo contient des rapports sexuels consensuels ou forcés.

Dans des millions de vidéos, on se demande si l’on regarde réellement de la pornographie juvénile, ce qui est tout simplement horrible et désastreux. Mais les proxénètes s’en moquent. Les trafiquants ne sont pas gênés par cela. En fait, tout ce que cela fait, c’est de les inciter à faire plus, à suivre la demande, à rechercher de plus en plus de femmes, à nourrir l’industrie milliardaire en pleine croissance pour le moment et à préparer l’avenir.

Y a-t-il des femmes qui consentent librement à ce genre de travail, qui sont bien payées pour faire ce qu’elles veulent et qui sont traitées comme des célébrités ?

Il ne fait aucun doute qu’il y a des gens dans cette industrie qui exercent leur liberté d’expression sans être blessés. Dans certains cas, ce n’est qu’une question de décence et de moralité personnelle. Tout cela avec modération. C’est vrai. Mais plus on creuse dans cette industrie, plus on se rend compte du nombre de femmes qui sont maltraitées, victimes de trafic, et plus on découvre la façon dont elles se retrouvent à faire des choses contre leur gré.

Combien d’entre elles ne sont rien d’autre que des esclaves sexuelles trafiquées filmées pour divertir ? De plus, vous vous rendez compte que ce n’est pas simplement une question d’obscénité qui n’a rien à voir avec la conduite personnelle ou la liberté d’expression. Il s’agit d’une question de justice. Je ne peux le dire autrement. Regarder de la pornographie n’est pas une affaire privée qui n’affecte personne. C’est un acte qui encourage directement la maltraitance des femmes et qui incite au trafic d’êtres humains. C’est clair et simple. Plus les gens regardent, quelle que soit leur intention, plus il y aura de femmes victimes du trafic d’êtres humains.

Si vous cherchez une raison de vous débarrasser de cette habitude, quelque chose qui vous dépasse et à laquelle penser lorsque vous êtes tenté par ce vilain vice, je vous prie de vous rappeler qu’il y a de vraies personnes de l’autre côté de l’écran d’ordinateur, même si elles font peut-être tout ce que nous voulons qu’elles fassent, sourient et rient et agissent comme si elles voulaient tout ce qui leur arrive. C’est un fantasme. Rappelez-vous de cela encore et encore. C’est un fantasme. Ce n’est pas réel. Ce sont de vraies femmes, des enfants de Dieu, dont beaucoup ne veulent pas être là. Certaines d’entre elles sont de véritables esclaves.

Souvenez-vous en. Souvenez-vous d’elles.

Souvenez-vous que ce péché ne concerne pas seulement la perte qui se trouve dans votre cœur et qui vous affecte, vous et vous seul. Il s’agit de nourrir une industrie qui abuse, viole et même asservit les femmes à notre profit. L’industrie du porno fait du mal à beaucoup de gens. Je n’en dis pas plus.

Postscriptum: Bien que le contenu de la vidéo ne donne pas les noms de tous les articles ou de toutes les recherches qui soutiennent l’argument justifiant la lutte contre le trafic d’êtres humains, j’ai essayé de trouver les articles en question, mais bien entendu, la plupart sont en langue anglaise. J’ai aussi découvert d’autres écrits qui font l’effort de justifier la thèse contraire (redéfinissant ce qu’on pourrait qualifier de violence sexuelle à l’égard de la femme) en utilisant des arguments tout aussi bien pensés, qu’insuffisants (l’aspect psychologique voire psychiatrique pourrait être considéré). Seulement, tout dépendra de l’acceptation de la vérité objective selon laquelle un mal, tout aussi apprécié et adulé soit-il, demeure un mal. Si tel est le cas, alors, l’abus, l’utilisation, la maltraitance d’une personne qui a été “abreuvé” aux excès _ et qui y trouve sa “joie”_ reste et demeure de l’abus. Psychiatrie, psychologie, et étique pourraient nous en dire davantage.

Photo by Wendy Alvarez on Unsplash

English version from The Horrifying Truth about the Porn Industry, 2020. https://www.youtube.com/watch?v=wxz300TepIE, by Father Casey Cole:

Before you begin this video, I want to warn you that there is nothing click baity about its title or funny about its content. What you’re about to watch approaches a very serious topic that may not be appropriate for all viewers. No graphic images will appear, but the content of this reflection may be unsuitable for children or triggering to those who have experienced abuse.

Just, you know, like many people in the age of the Internet, I used to have a fairly laissez faire approach to pornography. Sure, its content was clearly obscene, something that people should probably avoid. But what grounds does anyone have to censor it? If an adult wants to watch consenting adults perform sexual acts on one another, it may be weird. It may be against our Christian values, but it’s not criminal. It’s just obscene free speech. Ultimately, no one is getting hurt by watching smut in the privacy of their own homes. Or so I thought. The more the pornography and its effects are being studied, the more people are realizing that this could not be further from the truth. Many, many people are hurt by this industry. It starts with the psychological effects on the viewer. Everyone knows that pornography presents a fantasy world. They create scenes that are far from the way things actually work. This greatly distorts one’s approach to sex and relationship with others. In one study, a review was done of some of the most popular pornographic videos. 88 percent of them contained violence against women. Even worse, in 95 percent of them, the women responded in a neutral or positive manner, subtly linking arousal and violence in the viewer’s brain. That is a problem that hurts people. As you can imagine, this creates a major problem for men trying to find loving, lasting relationships with women as their view of women is largely distorted.

But it’s also the cause of tremendous pain in women as well. The more that women are seen as objects of one’s sexual desire rather than real human beings, the more women are forced to live up to fantastical expectations that are demeaning or unrealistic. Marriages are destroyed and worst of all, sexual assaults are committed. The Minnesota Human Trafficking Task Force found 46 published research studies suggesting that prolonged pornographic exposure leaves someone at a higher risk of committing a sexual offense, sometimes seeking out prostitution to do so. In one study, 80 percent of survivors of prostitution say that clients showed them pornography to illustrate what they wanted. While pornography as a single factor doesn’t cause people to become more violent or seek out prostitution, it is certainly a catalyst in some. But this is not the case for everyone, you say. Just because some people aren’t mature enough to process what they’re watching doesn’t mean that the content itself should be banned. What’s the often-quoted line from Mark Twain? “Censorship is telling a man he can’t have a steak just because a baby can’t chew it”.

Regardless of how people may abuse it themselves pornography is nothing more than freely consenting actors playing a role. They are free to choose what they want to do and clearly, they enjoy what they’re doing right. Sadly, this is not always the case.

Search for testimonials of people who got in and out of the business freely and you will find the same sorts of statements over and over again. “It was often painful”. “I was pressured to do things I didn’t feel comfortable doing”. “I often felt degraded or abused”. “What you were watching on that video was me being raped”. Even for those women who freely choose to be a part of this line of work, who sign up to be filmed having sex, the experience is not always pleasurable. Some shoots may be glamorous, some even romantic. But in order to get those gigs, you have to submit yourself to other ones that are highly abusive. Ultimately, very few get those nice roles. Most of the rest are left to be degraded and dominated on camera.

But they chose that, didn’t they? And they can choose to leave. No one is forcing them to do anything they want. And on top of that, they’re getting paid to do this right? Not always.

One of the biggest fantasies in the pornography industry is that everyone appearing on camera is a freely consenting adults that chooses to be there. This, unfortunately, is not the case. And truly where things get awful, stories abound of women who began doing pornography not because of a free choice they made, but because of force, fraud or coercion. Some are filmed against their knowledge or will having their image exposed to the Internet without any consent or renumeration.

And in more than a few cases, women answering calls for modeling jobs are secretly drugged during the shoot and are raped on camera. If a producer likes the woman and wants to get more from her, he can hold on to the video, threatening her with blackmail to get more scenes. In cases where the model is an immigrant, especially when they don’t have proper documentation, their identification can be withheld, or proper citizenship promised in order to get them to keep working.

In many cases, the women that appear in pornographic films are not freely consenting actors. They’re prostitutes forced by their pimps to perform sexual acts on camera, essentially making double the profit for the pimps. Given it’s illegal and secretive nature, it’s impossible to know how often this occurs. But one study found that approximately one third of the victims of prostitution at a recovery house have been used in the production of pornography. One third. And here’s the thing. They all look just the same as any other freely consenting actor, don’t they? They put on a good face, laughing and smiling in the video, not because they want to be there, but because they are being forced to and know that they will face punishment if they don’t perform well. From the outside, looking simply on the surface, it appears like consent. Really, it’s just fraud and entrapment. The women are not entirely free to say no, they consent out of fear. Think about that when you hear that 88 percent of those videos include violence. It’s one thing to think that they’re just actors in a performance.

But the fact of the matter is that many don’t want to be there. Many are not pretending. They’re actually getting abused, actually getting raped on camera. They do this while millions watch and there’s no way to know what’s real or pretended. And because literally millions of people watch this stuff producing billions of dollars of revenue with essentially no overhead, it has become abundantly clear in recent years that pornography is more than a private act that doesn’t hurt anyone.

Pornography incentivizes human trafficking. Think about it. If pornography makes one more susceptible to committing sexual offenses and seeking out prostitution, then there is an inherent benefit for human traffickers to play a role in both industries, driving demand by increasing the supply. And whenever there’s a demand for trafficked young adult women, brace yourself, the demand for trafficked children is soon to follow. In 2013, teen porn was searched roughly 500000 times on Google every single day. That’s 182 million searches a year for what most certainly amounts to pornographic images of underage women. And that was seven years ago. So, you know, the number is surely higher today, even more impossible than determining whether a video contains consensual or forced sex. There’s a question in millions of videos of whether or not one is actually watching child pornography, which is just utterly horrifying and devastating. But pimps don’t care. Traffickers aren’t bothered by this. In fact, all it does is incentivize them to do more, to keep up with demand, to seek out more and more women, to feed the ever growing billion dollar industry for now and to groom for the future.

Are there women who freely consent to this line of work, getting paid good money to do what they want and are treated like celebrities?

No doubt there is definitely a case to be made that there are some in this industry that are just exercising their free speech that are not getting hurt. In some cases, it is nothing more than a question of decency and personal morality. Anything in moderation. Right? But the more you dig into this industry, realizing how many of the women are treated, how they find themselves doing things against their will.

How many of them are nothing more than traffic slaves put on camera for entertainment? The more you realize that this is not simply an issue of obscenity; it has nothing to do with personal conduct or free speech. This is an issue of justice. I cannot say it any other way. Watching pornography is not a private matter that hurts no one. It is an act that directly promotes the abuse of women and incentivizes human trafficking. Plain and simple. The more people watch, regardless of their intention, the more women will be trafficked.

If you’re looking for a reason to kick this habit, something beyond yourself to think about when you’re tempted with this ugly vice, I beg you to remember that there are actual people on the other side of the computer screen, even though they may be doing everything that we want them to do, smiling and laughing and acting like they want everything that happens to them. This is a fantasy. Remind yourself of that over and over again. This is a fantasy. This is not real. These are real women, children of God, many of whom do not want to be there. Some of them are straight up slaves.

Remember that? Remember them.

Remember that this sin is not simply about the loss that is in your heart that affects you and you alone. It’s about feeding an industry that abuses, rapes and even enslaves women for our benefit.

The porn industry hurts a lot of people. I say no more”.

"God has assigned as a duty to every man, the dignity of every woman"
Pope John Paull II
Photo by Muhammadtaha Ibrahim Ma’aji on Unsplash

“A person’s rightful due is to be treated as an object of love, not as an object for use” Pope John Paul II

Quelques liens / Some sources

* La phrase est répétée dans la vidéo.

“God has assigned as a duty to every man, the dignity of every woman”
Pope John Paull II

Politiques environnementales et Villes vertes: le Vrai du Faux.

“La raison, souveraine, ne connaît pas l’empire de la géographie. Ses normes et ses démarches fondamentales, en particulier l’application du principe de causalité, sont partout les mêmes. Mais justement, parce qu’elle n’est pas aveugle, la raison doit appréhender différemment des réalités différentes, pour que sa prise reste toujours aussi précise et ferme.” Joseph Ki-Zerbo, Histoire Générale de l’Afrique I.

L’objectif de cet article est de faire une analyse de l’esprit de planification des villes (en Afrique). En réalité, depuis deux décennies déjà, un certain discours de développement, allant contre vents et marées, et incitant à un changement d’attitudes et d’habitudes, naquit. Il s’agit du discours promouvant le développement durable.

Avec ce discours de développement, se sont développés, comme dans un circuit en série ou comme un feu de paille, d’autres discours connexes de progrès s’accentuant sur les villes, habilement mêlant le durable à l’urbain. Le développement durable s’invite alors dans les villes, dans les milieux urbains tel que nous les connaissons.

Comme le précisa Magali Fricaudet (2017), même si le nouveau programme pour les villes adopté à Quito en Octobre 2016 n’a aucune force contraignante pour les dirigeants politiques, il “entérine le miracle urbain” et lance les bases d’une gestion urbaine et d’une planification qui se veut bonne et en faveur de la construction “de(s) villes inclusives, durables, prospères, compactes et résilientes”.

On entend donc que le futur de la ville est vert, durable, causant le minimum de dégâts à l’environnement. Il sera peut-être important de savoir si nous voulons voir l’environnement comme ce “tout” qui ne prend pas en compte la nature créée par l’homme, ou bien cette symbiose qui plaide pour que, et l’homme, et ses créations soient considérées comme “environnement”. Devons-nous donc considérer comme environnement, les environnements accidentellement créés par les gens et les êtres non humains comme la journaliste Emma Marris (Robbins, 2014:20) ? Ou bien faudra t-il épouser les mots de Neil Smith (Robbins, 2014:20) et considérer la nature comme étant “produite” par les frictions positives et les interactions entre les hommes et l’environnement qui les entoure. Plusieurs auteurs, suivant moult discussions, ont proposé des perceptions différentes: toutefois, là n’est pas l’épicentre de notre débat, pour cette fois.

Ville, mot si simple au sens si complexe

Photo by Denys Nevozhai on Unsplash

La facilité avec laquelle le besoin de définition de “la ville” ou de “l’urbain” peut surgir ne laisse pas présager que l’objet de définition est vêtu d’une complexité si ancienne que plusieurs auteurs ont préféré ne pas s’engager dans la rédaction d’essais ou d’articles rigides à cette fin. Ils ont vite fait:

– de préciser que la définition de l’urbain et du rural est “floue” et qu’il faille utiliser d’autres moyens d’analyse autres que ceux souvent usités (Houillon & Thomsin, 2001) parlant du cas Européen;

– de mentionner la difficulté entourant “l’urbain” justifiée par la multiplicité de ses formes et des fonctions qui la caractérisent (Blayo, n.a.);

– de remettre l’accent sur la complexité de la ville (Ammar A. Malik & Julia Hagen, 2015; Ben Amer, n.a.) en proposant une définition faisant appel à des approches précises (Baumont, Beguin, Huriot, 1996/2017);

– de souligner que même au niveau national, chaque pays entend préciser ce qu’il considère comme “ville” en prenant en compte des critères qui divergent par endroit ou qui convergent selon que l’on mentionne le nombre d’habitants, la densité, les statistiques, la géographie (Poelman, 2018).

Les lignes précédentes ne servent pas l’objectif de condamner la précaution des scientifiques en la matière, mais veulent plutôt rappeler que définir la ville est une entreprise laborieuse. Je ne m’y engagerai d’ailleurs pas avec vocation de trouver une définition absolue, mais simplement pour faire usage d’une base définitionnelle, comme le font la plupart des scientifiques confrontés à ce manque de définition de la ville et de l’urbain.

Un peu plus tôt, cet article mentionnait la divergence de définition au plan national.

Au Benin, par exemple, l’une des premières définitions qu’il m’a été donnée de lire est très ancienne. Elle est employée par SOHOUENOU (2001:9-10) mais proposée par l’INSAE (1974) qui a considéré comme ville : « toute agglomération comptant 10.000 habitants ou plus et ayant au moins quatre des infrastructures suivantes : postes et télécommunications, perception, trésor public, agence bancaire, adduction d’eau, électricité, centre de santé et collège d’enseignement secondaire cycle long » .

Au moment de la rédaction de cet article, mes efforts pour entrer en possession du code de l’urbanisme Beninois se sont révélés infructeux. Il serait en pleine révision et pourrait donc faire son apparition à tout moment. Autrement, nous aurions pu fournir une définition plus actuelle de la ville selon le législateur beninois.

Toutefois, cela ne change rien à l’aspiration de la conférence des Nations Unies sur le Logement et le Développement Urbain Durable qui eut lieu à Quito du 17 au 20 Octobre 2016 (Habitat 3) de faire de la ville et des villes, des espaces inclusifs, ouverts, durables, résilients, équitables, sans discrimination, mais aussi des lieux de préservation de l’environnement. Cette aspiration pourrait s’apparenter à l’objectif de réaliser des villes “vertes” _L’appelation Ville verte a une pluralité de synonymes tels que: Ville durable, ville en transition, ville résiliente, éco-cité, ville post-carbone, green city, sustainable city, eco-city et possibilement d’autres appelations qui conceptuellement se réfèrent au même objet_ co-présentée par les Objectifs de Développement Durable (ODD 11).

De la ville à la ville verte, la complexité demeure

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Comme la définition de la ville ou de l’urbain, la définition de la ville verte est aussi une entreprise qui est perçue comme difficile, confuse, et parfois accusée d’être floue, “vide de sens”.

Il semblerait que la ville verte soit généralement imaginée comme une ville où il y a simplement une verdure abondante. Bien que cela ne soit pas entièrement erroné, quelques éléments sont absents.

Un document de travail (working paper) publié par l’Institut des Etudes avancées sur le Développement durable (Institute for advanced sustainability studies:IASS) analyse la “ville verte” en se basant sur les critères qui semblent être couramment utilisés à savoir: la qualité de l’environnnement, le bien-être humain/social, et l’action politique et sociale (Pace, Churkina, Rivera for the IASS, 2016:2 ) _ Rappelons que le contexte de définition de la ville verte et de la publication de cette étude sur ces types de ville par l’IASS est Européen_.

Plusieurs tentatives de clarification du concept de ville verte, de ville durable ou autre, soulignent que:

– “verte” dans ville verte a une connotation qui va au-delà de la qualité de l’environnement ou du cadre de vie, mais intègre aussi les considérations sociales et économiques dans le développement du milieu urbain (Lewis, 2015 in IASS, 2016:4);

– la ville verte est à la fois un objectif continu de création et désignant par la même occasion le modèle de la ville du future visant la création de structures urbaines emplies d’environnements et de qualités de vie saines (ELCA,2011 in IASS, 2016:5);

– selon la ville, la raison, le motif, (économie/économie verte, verdure/reboisement, technologique) le concept de “ville verte” peut vouloir dire différentes choses et ainsi définir différentes villes (4cities, 2018);

– la ville verte est une ville qui “promeut l’efficience énergétique et les énergies renouvelables dans toutes ses activités, _qui promeut extensivement_ les solutions vertes, et met en oeuvre une approche mixte de densité urbaine jumelée à des pratiques sociales diverses et des techniques d’utilisations des terres adaptées dans son système de planification, et qui ancre son développement local dans les principes de croissance verte et d’équité” (Brilhante & Klaas in IHS, 2018);

– la définition de la ville verte se limite à la diminution de l’impact environnemental dans les centres urbains couplés à une augmentation de la densité urbaine, une amélioration de l’espace public et le développement des petites et moyennes entreprises locales (Physorg,2009).

Continuer avec ce résumé de perception pourrait ne pas être pertinent vu la diversité d’éléments qui se présente. Toutefois, il convient de mentionner que même si certaines définitions font fis de la dimension humaine de la ville durable, ou de la ville verte, en plus de la dimension environnementale et de celle économique, la dimension sociale est une composante importante de la ville durable. Tout ceci est proposé en omettant la connotation politique que peut renfermer le concept même de ville durable.

Le devoir de l’Humain pour l’Humain

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Pour une “brève” explication, la dimension politique est non négligeable, parce que la gouvernance locale est jugée beaucoup plus adaptée face aux défis que suscitent la ville durable en elle-même (Géographie et territoire). En d’autres termes, s’intéresser aux quartiers de ville (Emelianoff, 2015:139 in Tommasi & Boyer, 2018) lorsque l’on parle de mise en oeuvre de ville durable serait une entreprise plus objective que penser pouvoir faire d’une ville de plusieurs milliers d’habitants, une ville durable.

L’article de Tommasi et de Boyer, 2018 analyse un peu plus profondément cette approche. Il se demande en réalité ce qu’il reste de durable dans la ville durable, vu qu’elle serait “une ville qui accueille dignement populations et activités sans exporter ses coûts sur d’autres temps ou d’autres territoires. Économiquement viable, socialement vivable et respectueuse de l’environnement (…)’’.

L’article soutient qu’il serait difficle de comparer les efforts de réalisation de ville durable de deux villes, sachant qu’une ville peut être une métropole, alors que l’ autre peut ne pas l’être. En plus, il soutient qu’en réalité, il “semble être plus difficile pour une metropole de devenir durable”, mais qu’en pratique, ce sont ces métropoles en question qui s’arrogent le titre de ville durable pour des raisons de “rayonnement mondial” voire, des raisons “politiques”.

L’affirmation quelque “peu gênante” de Tommasi et Boyer est que la “ville durable” serait maintenant une illusion; illusion justifiée par la manipulation qui est faite du concept en vue de justifier et de faciliter des politiques urbaines très éloignées des principes initiaux même de la ville durable _renfermant a minima l’environnement, l’économie, le social_ inclusive. (Cook et Swyngedouw, 2014 ; Theys et Emelianoff, 2001; Béal, 2011 in Tommasi et Boyer, 2018). Et cette affirmation n’est pas négligeable.

Considérant alors que la définition plurielle de la ville, surtout celle durable, ou de la ville verte renferme des points et des critères qui semblent se répéter, les objectifs liés à la mise en oeuvre de la ville durable semblent rester identiques, même si le concept de ville durable est “pervertit”. Cette perversion est opérée à des fins qui contredisent l’essence de la ville équitable, inclusive, aspirant à être positive pour tous, et qui s’érige ainsi en contradiction avec l’esprit de la Conférence des Nations Unies sur le Logement et le Développement Urbain Durable qui eut lieu à Quito du 17 au 20 Octobre 2016 (Habitat 3).

Même si en Afrique quelques pays seulement (Maroc, Rwanda) ont officiellement entamé (ou projettent de le faire) la construction de villes vertes, certaines pratiques de plannification urbaine s’inspirent de la conception pervertie de la ville verte. Par conséquent, elles semblent mettre en mal la dimension sociale de la ville verte, au profit de celle économique, avec un intéret parfois hypocrite orienté vers la dimension environnementale. Même l’accent qui est parfois mis sur la dimension économique semble ne pas porter de fruits; il est clair que la situation sanitaire mondiale actuelle en temps de Covid19, n’améliorera pas la tendence économique du continent.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de ville en Afrique qui pourrait servir d’exemple. L’article ci s’est essentiellement basé sur la conception de la ville verte selon les critères généralement évoqués. Vu que les pays Africains sont tous favorables aux ODDs donc à l’Objectif 11 relatif aux villes (vertes), je n’ai pas jugé utile de faire une différenciation rigide. De plus, l’article essaie de présenter les noeuds de difficultés relatifs à la définition de la ville dans un premier temps, et à la définition de la ville verte dans un second temps. Il ressort de cette analyse que le sujet de la ville est complexe, et celui de la ville verte encore plus, suscitant d’ailleurs des interrogations quant à la pureté de l’idée qui veut assurer de facon équitable un mieux-être pour tous. Doit-on en déduire que l’idée de réalisation de la ville verte soit purement et simplement une utopie parfois utilisée à des fins politiques par des dirigeants soucieux de simplement faire bonne figure (superficielle)?

Il semble que certains éléments soient en effet réalisables. Seulement, que si attention il doit y avoir, ce doit être à l’égard des personnes pour lesquelles ces villes sont realisées. Ici je suppose que ces personnes sont en réalité les citoyens des villes concernées, meme si, souvent il s’agit plutot d’étrangers, de personnes mieux nanties financièrement.

La précaution voudra donc que l’on s’intéresse véritablement aux personnes qui souffrent foncièrement des inégalités reignant dans nos villes. Parce que faire une ville verte qui n’est pas inclusive, c’est comme assurer un futur certain à la pauvreté grandissante et la nourrir à grande bouchées d’inégalités et d’injustice.

Dans le domaine de l’écologie politique urbaine, les chercheurs ont l’habitude de plonger dans une abysse d’interrogations dans le but d’identifier non seulement les causes d’un problème, mais aussi de discerner les acteurs qui de près ou de loin bénéficient de l’existence du problème en question. Ceux qui n’en profitent pas ne sont pas à oublier. La complexité de la définition et de la mise en oeuvre de la ville, mais surtout de la ville verte requiert qu’une approche de recherche comme celle évoquée soit employée partout ou besoin sera. Le besoin existe dejà dans nos pays en développement qui ”arborent de plus en plus le développement sous sa forme durable”, et qui militent de plus en plus pour avoir des villes vertes, des villes de renommée et de rayonnement mondiale, des villes respectrices de l’environnement, des villes attrayantes. Sachons permettre à la raison d’appréhender comme il faut la réalité de la ville durable africaine.

Certains ouvrages cités

“C’est pour les hommes que la plannification existe. Si ce n’est pour eux, alors à quoi bon?”

Loving the past, loosing the present, wasting the future or the environmental paradox of wants and desires

“It is little wonder that modern societies are increasingly haunted by what Bryan Turner calls a pervasive nostalgia for past times – for lost community, for the ‘good old days’: always day-before-yesterday, always just over the horizon in an ever-receding image (Turner, 1990)” in Hall and Gieben 1992:16

Aristotle said “The secret to humor is surprise”. The humor this article would like to highlight here might not be the one you might expect. It will build on few surprises, which I hope will augment your imagination and unveil to some extent the complexity of humans’ attitudes – in this case, for matters pertaining to the environment and other social habits -.

Surprise Number 1: Growing up in Benin, I didn’t get the opportunity to learn much about what people call “la période révolutionnaire”, which belongs to the “trois glorieuses” (three glorious _in Benin_ ), besides what I heard and was told by teachers and older folks. Even though this period has known some relative rest (and/or) unrest, I am “tempted” to say that the education system of the Popular Republic of Benin (République Populaire du Benin) was more performant than what we are implementing today. I do not mean to neglect or dismiss the conflicts which opposed the revolutionary and military government of Dahomey and the clergy for questions pertaining to education. I do not mean to neglect the efforts of brave men and women who devoted their lives to educating good Beninese citizens, sometimes in very tenuous situations (UNESCO, 2014:21-22).

In 1990, a competence-based education approach (Approches par compétences: APC) has been progressively introduced in Benin’s education system. From then on, the new education method has aroused and still arouses various critics (Hounkpe 2015:143). Hounkpe 2015, in her analysis of “curricula reforms in Benin’s education system” actually made a short exposé of the education system: the 1890 colonial schools which was rejected with Aimé Césaire’s Discourse on colonialism for consciences’ awakening; the major shift which affected Benin from 1972 to 1990, transforming schools into “Ecole nouvelle unité de production” (New school production unit) with all its changes; the last phase which goes from 1990 till now with the APC.

My goal here was not to examine the whole education system or to highlight its challenges, but just to point out the importance of some types of skills which are currently absent in the ongoing education system.

The second era of education system which ranges from 1972 to 1990 allowed the creation of General education college in several city districts, the setting of academic cooperatives in schools where students learned various manual activities (farming, carpentry, mechanic among others), and emphasized moral and civic education, all of this to consolidate a nationalism which could help the country move forward (Hounkpe 2015:153).

Without necessarily making an apology for past nationalism especially nationalism with its perversities, it seems that the 1972-1990 education era did have some appealing facts which are apparently absents from the actual education scheme as far as I know _ or these are simply hard to find_. When in 1990, government and education actors were trying to find a solution to the crisis which was affecting the 1972-1990 education era, they opted for the insertion of the competence-based approach. I attended school after these changes have started to be implemented (after 1990s), but it’s only in high school _if I recall well_ that I was fully taught using the competence-based approach. Otherwise, the new teaching mode was only partially and progressively implemented. At the same time, I did not get to know what it was to learn farming, mechanic, carpentry, or any other manual activity at school, even if I did develop one of these interests at home.

My goal here was not to examine the whole education system or to highlight its challenges, but just to point out the importance of some types of skills which are currently absent in the ongoing education system. They certainly belongs to a recent past, but their relevance goes without saying especially with an increasing number of the schooled population (Unesco, 2014:23).

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Surprise number 2: We are expected to go forward, and how come are we still nostalgic of the “good old days”? I would hear stories of my siblings going to school and being chased by some monkeys back home. They would have to stay home or reach school late, because the only way there was hijacked. I have never seen any monkeys in our area myself, neither have I witnessed any similar situations. _Some people might be glad that these monkeys are not there anymore and others might not be. I will just say that the beauty of creation is always revealing in some way_. Again, I am tempted to say that situations like that could be noticed all over the country, not necessarily with monkeys. What I mean, by “situations like that” is, the disappearance of animals and others from places where they used to be. This is more and more frequent. It would be no hyperbole to extrapolate this fact to other places in the world.

One has to keep in mind that biodiversity is a whole. It is a very large chain of species living together and impacting each other in ways that are not fully known to humans. The complexity of creation is undeniable, and being good stewards to the very best of our capacities is even more important.

Even if we can’t assert with certitude the number of species that go extinct every day, or each year, we can still believe that it is still important enough. According to National Geographic, humans are the biggest threat. In fact, the magazine did well in pointing out the main known causes of species extinction which are humans activities (expansion, commercial activities, etc.), diseases (which also expand their horizons), invasive species (sometimes introduced through human travels or by human activity to control some other species), habitat loss and fragmentation (industrial activities, timber trade like what is happening in the Amazon), poaching (with its effects, its important profits, its human and ecological consequences).

While some of these issues have multiple dimensions (especially poaching and other environmental crimes), others could use direct solving attempts (habitat loss, human expansion) providing, governments’ and private sector’s involvement in this regard is supportive. One has to keep in mind that biodiversity is a whole. It is a very large chain of species living together and impacting each other in ways that are not fully known to humans. The complexity of creation is undeniable, and being good stewards to the very best of our capacities is even more important. We could try to implement the type of actions that will not have us go to “zoos to see some last living species” _ maybe we could try harder and more importantly, try better _.

Photo by Shutterbouy Photography on Unsplash

Surprise number 3: Some will dare to assert that a lot of world’s languages are disappearing. And with them, their perception of the world around them. While culture has been defined as one of the most complex word in the English language, is it also one of the most influential and elusive concepts in humanities and social sciences (Gregory et al. 2009: definition of culture). There seems to be no super strong ontological definition of the word, but this article will simply define culture as a set of behaviors and believed characteristics belonging to a particular group.

Africa like other parts of the world is very found of its culture. Colonized lands and countries which have suffered the alienation of their culture some times in the past, show very strong feelings of pride when they start to re-embrace the set of behaviors and practices to which they identify “in the first place”. Take for example the case of education which I mentioned earlier. During the 1970-1990 era, there was a very positive promotion of national languages justified by the rejection of colonialism and its drawbacks. People wanted to go back to what they believed belonged to their values.

Despite the truth in “knowing where you come from, when you don’t know where you are going”, we tend to remain catatonic to whatever comes to us. Sometimes, it is possible to go back, sometimes it is not. Some of the changes which are happening are “nearly” irreversible and we need to manage the others in smarter and more acceptable ways.

Nowadays, this attitude is also present in various circles. People want to eat healthy food like their grandparents, they want the society to be less depraved like decades ago, they aspire to have a society which educates children and protect them instead of a society where children education is solely individual and where children are vulnerable. They desire a society in which cultural dances, proverbs, tongues, ways of speaking, stories, moral values and respect are still strongly present. They desire a society where various crisis are well handled and where ethics is still in high esteem (Ngoupande, 1995).

Moreover, the desire to fulfill the wants which portray the past as “better and more desirable” extends to environmental quality. In fact, a famous Beninese artist named Gnonnas Pedro sang about the dirtiness of Benin _it is likely that at the time his album was released, Dahomey was about to become or just became the Popular Republic of Benin_ in To O koudji (meaning the country is dirty). _It was one of the tracks of his album “La Belle Epoque” (translated to “The Good Old Days”) apparently available on Spotify, Amazon and other websites/music applications_. He was calling Beninese citizens to cleanliness and the respect of hygiene rules. He briefly criticized people’s argument of development and progress, and simply bid them to be more sensitive of where development and progress _let me say urbanization_ was driving them.

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Despite the truth in “knowing where you come from, when you don’t know where you are going”, we tend to remain catatonic to whatever comes to us. Sometimes, it is possible to go back, sometimes it is not. Some of the changes which are happening are “nearly” irreversible and we need to manage the others in smarter and more acceptable ways.

Indifference can be the source of greater evils. In the end, let’s just remember that we not only have to make this world good for us all _at least to the best of our capabilities_, good people, but also for the good peoples to come.

Some of the works cited

  • Hounkpe, Adjignon Débora Gladys. « Les réformes curriculaires au Bénin : identifier les défaillances structurelles pour plus d’efficience », Pensée plurielle, vol. 38, no. 1, 2015, pp. 143-161.
  • Jean-Paul Ngoupandé, « Crise morale et crise éducative en Afrique subsaharienne », Revue internationale d’éducation de Sèvres [En ligne], 05 | 1995, mis en ligne le 16 mars 2015, consulté le 05 février 2020. URL : http://journals.openedition.org/ries/4170 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ries.4170

Tying a New Rope to an Old One: Developing an Environmental Education Curriculum in Benin

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This is about an environmental education project I have been working on in Benin Republic. You may find the short version of this article on http://www.situatedupe.net/tying-a-new-rope-to-an-old-one/ published on the website of the Situated urban political ecology. You might find the long version of this article on https://goodpeopleingoodplaceshome.wordpress.com at some point (or not). I would like to thank Dr. Henrik Ernstson for his support and all those who contributed and are still contributing to the success of this ongoing activity (Family, Friends, Co-workers…).

“There is always an opened book for all eyes: Nature.”
Jean-Jacques Rousseau

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Le mystère humain de la vente ambulante et au bord des voies ou comment les boursouflures de l’économie durent dans le temps.

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Il y a bientôt trois années de cela, un article publié en anglais portant sur “Urban informality and public space: erasure of street trade in Cotonou, The Republic of Benin” (Le secteur informel urbain et l’espace public: la suppression de la vente de rues à Cotonou, en République du Benin), s’est permis d’analyser le phénomène de “nettoyage” ou de “dé-pollution urbaine” enclenché par le préfet de la ville d’alors, Modeste Toboula. L’article en question, percevait les rues comme étant partie de l’espace public, et comme représentant pour les riverains l’un des meilleurs cadres pour l’épanouissement des interactions humaines et des activités économiques. Face à cette perception, s’érigea progressivement, selon l’article, une campagne d’ “embellissement de l’espace, de modernisation, de droit, d’ordre, de propreté, de développement urbain” (Harms 2016:51), qui bien qu’ayant une pertinence considérable, semblait faire défaillir une frange sociale parfois “têtue”.

NB: Prière ne pas confondre ma brève argumentation comme une défense aveugle de l’anarchie ou du non respect des législations (encore faudra t-il que les lois en questions aient été établies et votées avec le dessin de véritablement aider le citoyen à mieux vivre), un amour du mal ordre, ou une langue fourchue assoiffée de critiques. Ce n’est en réalité qu’un effort incomplet entrepris pour aider les politiques visant l’intérêt général véritable, à ne pas avoir comme fondement des actions qui elles-mêmes sont foncièrement contre l’intérêt tant prôné. L’article mentionné au début de cette rédaction donne bien plus de détails sur les arguments usités.

En réalité, on pourrait très bien dire que la frange sociale dont il est question ici se refuse d’embrasser des efforts de “progrès” qui pourtant visent “L’intérêt général” (Bahn 2016:8). Mais pour véritablement cerner cette assertion osée, il faudrait humblement et prudemment considérer les modulations systémiques dont sont issues les mesures visant cet “intérêt”.

Quel intérêt vise – t – on réellement?

Selon plusieurs experts appartenant au monde de la géographie, de l’urbanisme, de l’anthropologie, de l’histoire, d’autres sciences sociales, les mesures de modernisation entreprises de part le monde ont prouvé qu’elles avaient pour objectif de faire de la ville une machine, un métabolisme, permettant de consommer et de broyer, de transformer, et de produire un monde dans lequel les ressources sont orientées en fonction de la direction imposée par le capital (Macfarlane et Waibel, 2016; Marx) . Cela signifie, que moderniser, a aidé pendant longtemps, et continue de contribuer à la création d’un lieu dans lequel les directives sont données pour faciliter le flux de l’argent, de ressources, en quantité importante, et si possible pour imposer ce flux à toute autre personne située à proximité de la zone d’activité (MacFarlane et Waibel, 2016). Ces personnes seraient donc exposées de fait aux influences du flux présent. L’humain alors soumis à ces vagues économiques se retrouve contraint de réagir.

Cela étant, moderniser alors en visant l’intérêt général, devient plutôt une assertion qui pourrait être discutable s’il eut fallu ne tenir compte que du fondement de cette cette idée.

Photo by Faris Mohammed on Unsplash

Dans un monde alors ou les efforts de l’économie pour s’imposer dans toute sa modernité impliquent selon “l’ordre”, l’usage justifié de la violence controlée, des argumentations juridiques (Article 7 de la Loi no 2013-01 portant code foncier et domanial en République du Benin), du jargon intellectuel qui laisse en marge une branche de la société qui comprend difficilement le discours de modernisme tant défendu, il est compréhensible d’observer ces airs têtus de la frange sociale qui défailli. Elle défailli en réalité, parce qu’elle semble ne pas saisir d’un œil, voire d’une logique aisément justifiable, les argumentations qui la présentent comme étant indésirable, polluante, en dépit de son humanité, méritant pour le bien de l’intérêt général, un anéantissement immédiat.

Sous la vive pression de l’économie majestueuse, on remarque alors ces quelques “boursouflures sociales et économiques” qui apparaissent telles des feuilles vertes dans un désespoir de fer rouillés. Elles se manifestent sous diverses formes: la vente ambulante, la vente au bord des voies, la survie d’un secteur appelé informel (INSAE et AFRISTAT 2019:52) mais dont dépend plusieurs familles, l’apparition de stratégies de survies entretenant une relation de commensalisme avec une société et une économie qui elle-même ne fait qu’encourager fondamentalement cette relation.

On pourrait se demander….

Si donc, on combat la vente de rues sous toute ses formes, qu’on défend l’espace public (Nguema, 2014; Blot and Spire 2014;) en présentant un concept qui en réalité se fonde sur un système qui lui-même encourage l’utilisation spontanée, voire têtue de l’espace, alors, quelle observation reste t-il à faire?

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Sachons raison garder lorsque que nous parlons de modernité, parce que nous pourrions être en train d’avoir une approche du moderne qui dégrade l’intérêt général pour lequel l’action modernisante est entreprise. Peu importe ce qu’on dira du moderne, il n’a pas fait que des heureux (Hall and Gieben, 1992:51,52,53). Il ne se limite pas à des chiffres, à des étapes fixes (Rostow, 1971 in Hall and Gieben, 1992:9), encore moins à une prospérité économique dépourvue de la conscience humaine. A la maxime de Rabelais qui estima en des temps Européens difficiles que science sans conscience ne faisait _et ne fait_ que la ruine de l’âme, on pourrait joindre “modernité sans conscience est ruine certaine de l’âme”. Si à ses début le moderne a été amorcé, et a fait preuve des limites qui sont les siennes, nous _Beninois et même Africains_ , venant sur le tard dans ce monde qui se fait global, avons l’obligation d’apprendre des erreurs de “nos prédécesseurs” (s’il faut les appeler ainsi), aux risques de nous retrouver avec des tares plus graves que celles observées jusque-là. Ne donnons donc pas raison à Axelle Kabou.

Sachons raison garder lorsque que nous parlons de modernité, parce que nous pourrions être en train d’avoir une approche du moderne qui dégrade l’intérêt général pour lequel l’action modernisante est entreprise.

Nul ne saurait donc être surpris de voir les conséquences de notre système économique apparaître comme des champignons ou des herbes têtus qui résistent à l’extermination. Seneque dira qu’ “on peut briser l’entêté, mais non le faire plier”. Et nous avons, en tout cas au Benin, vite fait de tout faire pour briser nos entêtés de la façon la plus légale possible. Et pourtant, Victor Cherbuliez affirma que “les têtus ont toujours le dernier mot”. Sans vouloir encourager ni violence, ni persistance, il serait peut-être utile d’essayer ensemble de comprendre le contexte social qui est le nôtre, en ayant une connaissance comparée des idéologies que nous y appliquons ou que nous aspirons y appliquer. Peut-être est-il temps de commencer à faire les choses autrement.

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Certains des ouvrages cités

  • Blot, Julie and Spire, Amandine « Déguerpissements et conflits autour des légitimités citadines dans les villes du Sud », L’Espace Politique [Online], 22 | 2014-1, Online since 17 March 2014, connection on 13 January 2020. URL : http://journals.openedition.org/espacepolitique/2893 ; DOI : 10.4000/espacepolitique.2893
  • Gautam, Bhan. 2016. In the public’s interest: evictions, citizenship and inequality in contemporary Delhi. University of Georgia Press.
  • Hall, Stuart, and Bram Gieben. 1992. Formations of modernity. Oxford: Polity in association with Open University.
  • Harms, Erik. 2016. “Urban space and exclusion in Asia. ” Annual review of anthropology. 45:45-61. doi: 10.1146/annurev-anthro-102215-100208.
  • Institut National de la Statistique et del’AnalyseEconomiqueet AFRISTAT. 2019. Enquête Régionale Intégrée sur l’Emploi et le Secteur Informel,2018. Cotonou, Béninet Bamako, Mali: INSAE et AFRISTAT
  • McFarlane, and Waibel Michael. 2016. Urban informalities: reflections on the formal and informal. Routledge
  • Rano-Michel Nguema, « Politique de déguerpissement et processus de restructuration des territoires de Libreville [Gabon] », L’Espace Politique [Online], 22 | 2014-1, Online since 17 March 2014, connection on 13 January 2020. URL : http://journals.openedition.org/espacepolitique/3014 ; DOI : 10.4000/espacepolitique.3014

“Ce que tu ignores vaut parfois mieux que ce que tu sais” Proverbe Africain

Aveugles

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Trop jeune pour comprendre
Même les vieux ne comprennent plus

Les jeunes n’existent plus
Que dis-je ? Ils existent, perdus dans les flots de l’avoir
L’avoir facile. Ils s’arment d’envie, de rêves, d’espoir
Espoir qui n’est que désespoir, d’un jour, d’un soir

La belle a vendu le beau qu’elle abrita longtemps
L’avoir s’en est emparé. Pourquoi ? Et pourtant
On dira, et ils disent, utile mais pas indispensable
Dignité, honneur, valent bien mieux, mais à table,
A la table de la vie, sucre et vinaigre, point montrés
Ne sont. Les invités jouent au jeu de la vie…en beauté.
Elle s’ouvre, se laisse lire, écorche, blesse, caresse
Curieuse et contagieuse, on la suit, elle guide ; parfois, pécheresse.

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Adulte trop vite, enfant, un court instant
Les jeux sont partis, ils ne sont restés qu’un harmattan
Travailler, nourrir, demain deviens un souci continu
Les torrents de la maturité précoce ont perdu
Ce qui un moment fut innocent, et insouciant.
Innocence, insouciance, enfance, d’une vie exclues.

La vie ici se meurt. Victime de machettes assoiffées de succès.
Ici, le succès, défini autrement, n’est qu’une plaie.
Lumière issue d’effluves, cette obscurité éclaire une raison
Qui lentement mais surement arraisonne la Raison
De père sincère, il passe à père amère
De méchanceté à sainteté, il n’y a qu’un pas
Parfois court, parfois long, ce n’est qu’un choix

Photo by Meghan Holmes on Unsplash

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais
Ils ne font pas ce qu’il dit, ils font pis que ce qu’il fit.
L’erreur est là, le désordre présent, rien n’est clair.
Butin. Un Moi trop grand et conscient de lui
Politesse absente, empathie, subséquemment née d’un espoir
Progressivement évanouit au fond d’un pessimisme opaque
Courage! Courage ? On se le demande.
Conscience ? Peut- être a Pâques.
Trois jours convertis en trois ans ou en trois décennies ?
Espoir. Conscience…
Prions.

Photo by David Monje on Unsplash

“We must accept finite disappointment, but never lose infinite hope.” Martin Luther King Jr.

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